Ironsworn - Nia Malik - Session 2
Nia est allée au chevet de ses parents, blessés par les flèches des Premiers-Nés. Le poison leur avait laissé peu d'espoir. Nia est devenue Fer-Juré en promettant de trouver un remède pour les soigner. Mais avant de partir en dehors du village, elle devait obtenir l'accord du Jarl.
En me dirigeant vers le centre, je commençais à sentir l'odeur du brasier. Cette odeur synonyme de deuil. Les corps des villageois avaient été rassemblés et un immense bûcher funéraire avait été monté. Le soir même de l'attaque, les morts étaient envoyés par-delà les mers. C'était la coutume. Pas moins d'une vingtaine d'hommes, de femmes et d'enfants avaient péri sous les flèches des Premiers-Nés. C'était une véritable catastrophe pour la communauté. La plupart des villageois étaient présents autour des flammes. Beaucoup avaient perdu un enfant, une épouse, un mari, un oncle, une grand-mère. Tout le monde avait quelqu'un à pleurer ce soir.
Prise d'une profonde tristesse, je fis la chose pour laquelle j'étais la plus douée : je dansai. C'était là mon talent. Un talent bien inutile au demeurant, mais pas ce soir. Du moins l'espérais-je.
> S'emparer d'un avantage
d: d6 + vigueur + 1 = 7 vs 7 & 3 => coup faible
[Élan:5] [Santé:5] [Esprit:5] [Provision:5]
Je me mouvais autour du brasier avec humilité et pudeur. Mes mouvements lents et amples semblaient accompagner les flammes et les esprits des défunts. Cette danse dura tant que les flammes étaient hautes. Quand le feu commença à faiblir, je m'arrêtai et je regardai les villageois. Ils semblaient calmes, peut-être apaisés. Mais, au fond de leurs yeux, je voyais toujours cette tristesse infinie mêlée à une rancœur qui annonçait de nouvelles douleurs, à n'en pas douter.
Je me dirigeai ensuite vers Erika, notre Jarl, qui était installée sur une courte estrade, sur une énorme chaise en bois recouverte de peaux de renne. C'était le moment de savoir si ma marque de respect envers les morts m'avait attiré suffisamment de sympathie. Je m'agenouillai :
– Jarl, je sollicite votre accord pour partir à la recherche d'un remède pour les villageois empoisonnés et toujours parmi nous.
Elle garda le silence un moment et sembla réfléchir. Toute l'assistance l'écoutait, elle ne pouvait pas dire la première chose qui lui était passée par la tête. C'était ma meilleure chance.
– J'ai appris que tes parents étaient souffrants. Sache que j'en suis désolée, jeune Nia. Toutefois, je ne peux pas t'autoriser à quitter la protection de notre Cercle, pas maintenant. Les Premiers-Nés sont trop proches, trop menaçants... ce serait t'envoyer à une mort certaine.
> Contraindre
d: d6 + cœur = 6 vs 3 & 8 => coup faible
[Élan:6] [Santé:5] [Esprit:5] [Provision:5]
– J'en suis capable, lui dis-je. Jarl, j'y arriverai, je vous l'assure. Les Premiers-Nés ne m'attraperont jamais. Ils ne sauront même pas que je suis passé.
Tous les autres villageois écoutaient avec intérêt. De nombreux blessés souffraient encore de ce poison. Erika finit par dire :
– Très bien, Nia, montre-moi ce dont tu es capable. Cette nuit, tu iras aux abords du village. Tu devras me rapporter deux lièvres. Mais attention, des gardes patrouillent autour de notre Cercle. Si tu te fais prendre, c'est fini. Tu resteras en sécurité dans le village.
J'acceptai cette condition. Les personnes dans l'assistance semblaient d'accord. Beaucoup hochaient la tête. Je repartis vers ma cabane pour me préparer. Ce test était décisif.
La guérisseuse était partie, laissant mes parents sur leur couche, toujours fébriles. Une peau de renard pendait sur un chevalet. Un ouvrage que mon père avait entrepris le matin même, sans vraiment commencer. Je pris cette fourrure et la mis sur mes épaules. Je sortis enfin sous la lune.